#3 – On vous le dit comme on le voit.

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Guanajuato, premier jour, première soirée, deuxième jour, deuxième soirée

// Octobre 2018

A Guanajuato tout va très vite. Dès notre arrivée, notre hôte, Ana Cervantes, pianiste professionnelle, nous balade dans la ville pour nous montrer ses meilleures adresses de supermarchés bio, de boulangerie artisanale ou encore des meilleures tables s’approvisionnant en produits locaux. Eviter à tout prix les supermarchés et les OXXO dont l’offre se résume étrangement à des chips, de la bière et du soda. Il est donc à Guanajuato des âmes sensibles et déjà bien investies pour changer leurs pratiques de consommation. Honnêtement on en savait rien et c’est un super booster pour nous. Il est également à Guanajuato une offre en produits “naturels” – une certaine définition du bio que nous creuserons par la suite.

Nous sommes arrivées en pleine semaine du famoso festival des Cervantinos (la vérité c’est qu’on a appris ça en arrivant et qu’on connaissait pas non plus). Les Cervantinos c’est une une programmation culturelle exceptionnelle sur 2 semaines de concerts, projections, spectacle de danses et de théâtre qui met cette année l’Inde à l’honneur tout en valorisant l’art mexicain sous toutes ses facettes.

Cette courte introduction pour vous parler du meilleur restau de la ville (Los Campos), testé hier lors d’un dîner officiel avec la représentante de Bordeaux Métropole pour la coopération avec l’Etat de Guanajuato.

Dans le cadre de cette coopération, il a bien entendu fallu comparer les vins – très bon au demeurant, léger mais assez long en bouche aux nuances fruités (ok j’arrête, il passait bien quoi.). Puis se laisser guider dans une combinaison de tapas mexicaines gourmandes. Et là, oui à ce moment là, on s’est réconciliée avec les tacos, les nachos et les tortillas, les quesadillas et les burritos (soit más o menos la même chose – on avait fait une petite overdose de débutantes la première semaine). Jusqu’ici notre maigre aperçu de la cuisine mexicaine dans le Yucatán et les Chiapas nous avait paru un peu grossière et répétitive (mais en une semaine que sait-on de la richesse culinaire d’une région). Mais en réalité les plats mexicains peuvent être cuisinés avec beaucoup de finesse. Bientôt notre palais pourra également savourer les goûts des différentes sauces pimentées sans nous anesthésier…. bientôt mais pas tout de suite.

Entre temps on était repassées sur un petit riz/banane des familles pour remettre un peu de clim’ dans notre estomac. Mais deuxième jour, deuxième soirée – nous voilà dans un appart d’artistes mexicains : l’une peintre et l’autre photographe. Entre deux tacos et une Michelada (oui le nom est magique, le plaisir de la boire beaucoup moins – pour la version industrielle une bière avec du tabasco en quelque sorte avec un arrière goût de redbull..) on présente notre projet (en espagnol svp) face à la foule en délire. Mais après “deux” bières, la légende erasmus raconte qu’on devient instantanément bilingue. Du coup easy, peasy, ça part en débat sur l’alimentation à Guanajuato – “les certifications ne valent rien car le gouvernement est corrompu et ne respecte pas le cahier des charges”, “le Mexique produit une quantité astronomique de nourriture, mais les entreprises préfèrent jeter la moitié car elles profitent de meilleurs prix en achetant des volumes plus importants”. “Dans l’Etat de Guanajuato, les exploitations de maraîchage sont énormes et produisent de manière si intensive qu’elles surexploitent et polluent les eaux souterraines au détriment de la santé des communautés”. “Tout part aux Etats Unis, Japon, Europe…”

Les deux jeunes mexicains avec qui on discute ont en réalité un “diplôme” d’horticulture et d’agriculture urbaine obtenu après une formation courte avec des associations. Ils ont commencé à produire sur des micro surfaces (1m2) et ce pour des raisons diverses : l’un s’intéressait à la culture de la marijuana et à la permaculture et a finalement décidé de produire ses propres laitues, tomates et concombres. L’autre avait simplement envie de savoir comment faire. Mais les deux constatent qu’ils n’ont pas assez de temps, le rythme de la vie, les enfants.. ils ont finalement abandonné.

Et nous et nos mille questions qui arrivent : mais est ce que beaucoup de jeunes commencent à s’intéresser à ces questions? font évoluer leur pratiques alimentaires ? Y’a t’il une conscientisation naissante, grandissante, présente? Bien sûr difficile à dire – certains disent oui, d’autres disent non. En tout cas chacun nous donne un contact pour aller plus loin. C’est peut être ça ce qui nous plait le plus avec la question alimentaire – elle nous ouvre toujours des conversations vastes, riches et fascinantes mais toutes empreintes de l’expérience bien particulière de chacun.

 

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