On vous le dit comme on le voit #10

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S’alimenter au Vietnam.

// Avril 2019

Il parait que la traduction littérale de “manger” est en fait “manger du riz” en Vietnamien (“an com”). Ce post pourrait presque s’arrêter ici tellement ça veut déjà dire beaucoup. En effet, sans surprise, le riz est très présent dans nos assiettes. C’est un peu ce qu’est le blé aux français où le maïs aux Mexicains. Par contre il est cuisiné sous toutes les formes possibles! On le mange tel quel, collant, gluant ou frit, en accompagnement de notre porc caramel ou de nos crevettes au tamarin. On le mange sous forme de feuilles, qui grâce à une décomposition et une recomposition de la matière par la chaleur, permet de tenir fermement le contenu de nos nems et rouleaux de printemps. On le mange sous forme de noodles, pour agrémenter nos soupes, soupes qui prennent d’ailleurs le nom attribué à la forme de noodle qu’elle contient (et il y en a 5!): bun, pho, hu, banh canh, et les banh hoi.
Qui n’a pas mangé de riz n’a pas eu de vrai repas. Le riz est très peu cher (50 centimes d’euro le kg en moyenne) et reste l’aliment de base auquel toutes les familles vietnamiennes peuvent accéder. Depuis la crise alimentaire mondiale de 2008, le gouvernement a mis en place une politique ambitieuse de protection de certaines terres agricoles pour la production de riz pour le marché domestique, encourageant chaque agriculteur à produire une petite quantité de riz. Cette politique a ainsi renforcé la place du riz comme élément de base de l’alimentation et améliorer la résilience alimentaire du pays.

Mais l’alimentation au Vietnam est également variée en fruits, légumes, herbes, viandes, poissons… On peut dire que le climat sub-tropical et la position côtière n’y sont pas pour rien. D’ailleurs c’est en marchant dans les rues, en vaquant et évitant de justesse les scooters et autres vélos pressés, qu’on se rend compte de cette diversité. Ici certains marchés officiels existent, mais on fait surtout nos courses auprès de marchands de rue, vendant exclusivement des papayes, des noix de coco, ou une diversité de fruits et légumes connus et moins connus. Les têtes de poisson coupées à même le sol et les oreilles de porcs qui pendent accrochés maladroitement sur un scooter qui fait office de stand, c’est aussi ça le charme du marché de rue. Conseil d’ami pour les plus sensibles, il y a certaines rues à éviter de bon matin. Et pour l’hygiène, on repassera. On trouve aussi les classiques patates (douces!), carottes, poivrons, tomates, oignons, que nous chérissons tant. Importés d’ailleurs par les français à leur arrivée au Vietnam au 19ème siècle. Tout comme le café, qu’on boit ici glacé (tu m’étonnes), et mélangé à du lait condensé (on s’habitue assez vite à tout ce sucre). Ou bien le “banh mi”, sandwich baguette qu’on rempli de pâté, poulet, coriandre (celle-là alors) et autres victuailles en tous genres pour le petit-déjeuner.

La viande et le poisson sont également des mets de base dans l’alimentation des vietnamiens, même si économiquement plus difficile d’accès, sa consommation augmente avec une classe moyenne vietnamienne qui grandit. La religion bouddhiste impliquant des régimes sans viande à certaines occasions, l’offre végétarienne est néanmoins présente et diversifiée à Saigon. La communauté d’expatriés n’y est pas non plus pour rien.

L’alimentation est partout également au travers de l’alimentation de rue, ou le “street food”. Ces petits stands improvisés, souvent derrière un scooter, autour duquel sont installées des petites chaises rouges et des tables en alu, et où on peut apprécier un plat choisis hasardeusement sur un menu en Vietnamien, ou se voir imposer volontiers le plat unique servi ce jour. Une tiger et un glaçon plus tard, nous voilà rassasié en nourriture, en pollution et an klaxon. Cam on.

Même si, surtout à Ho Chi Minh Ville, capitale économique du Vietnam, de plus en plus d’offre alimentaire “occidentale”, chaînes de restaurants, fast food et tout ce qui va avec, se créé une place dans le paysage urbain, elle reste très marginale aujourd’hui pour les vietnamiens. Les pratiques changent, mais les traditions liées aux pratiques et régimes alimentaires des vietnamiens semblent ancrées. Pourquoi aller au MacDo d’en face quand un bun bo ou un pho est disponible dans la rue d’en bas pour 2 fois moins cher?

On nous dit quand même qu’on commence à voir des signes de surpoids et obésité chez les enfants, conséquence d’une alimentation qui devient déséquilibrée. Qu’on observe des cas de diabètes, et autres maladies, très certainement liés aux régimes alimentaires et conditions de vie de plus en plus sédentaires, et de plus en plus scootérisées. Jusqu’où iront ces changements? Comment les arrêter avant qu’il ne soit trop tard? A moins qu’il ne soit déjà trop tard?

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